Quelques conseils de base :

Je me suis décidé à ajouter cette page après avoir surfé sur quelques sites sur lesquels j'ai trouvé des conseils pour le moins … peu judicieux, évoquant par exemple la possibilité de regagner le bord à la nage si l'eau n'est pas trop froide et que l'on a une brassière, ou la possibilité d'avoir un engin de plage plutôt qu'un radeau... Voire échouer à la côte si le temps est trop mauvais pour naviguer !

Il m'a donc semblé important de rappeler quelques bases :

Ne jamais quitter le bateau (sauf si tout est déjà sous l'eau... et encore : on retrouve souvent des bateaux évacués alors qu'ils coulaient) : un bateau se repère, il offre un abri plus sûr que tout engin de survie (même avec une voie d'eau à bord!), et surtout il évitera l'hypothermie : même remplies, la majorité des coques surnagent partiellement pendant quelques heures – et le Sun Fast 20 possède des caissons étanches.

Rappel : un nageur moyen ne parviendra pas à nager plus de 1500 m dans de l'eau calme à 10°C, moins encore s'il y a du vent et des vagues. Plus d'informations ici !

Avoir une VHF à bord, en plus du téléphone portable : les services d'urgences peuvent repérer un signal VHF pendant l'approche finale, pas un signal de téléphone. Préparer une fiche à côté de la VHF avec les messages-type à envoyer (et l'alphabet international...).

Avoir un baromètre à bord: il faut rentrer si la pression chute de plus de 3 millibars en 3 heures... surtout si la température augmente !

Avoir des chaussures de pont : en général la semelle est en matériau très tendre (et profil en lame de rasoir, pour une adhérence maximale) pour ne pas user l'antidérapant des ponts : il ne faut donc pas les user en les portant trop souvent à terre...

On peut prévoir une combinaison de planche à voile : ce n'est pas très onéreux et assure un temps de survie dans l'eau bien supérieur à celui des vêtements classiques.

Si on est dans l'eau : surtout ne pas nager mais adopter la position foetale en remuant le moins possible (évidemment, il faut porter une brassière ! ) on augmente ainsi la durée de survie de 50% (3 h au lieu de 2h dans une eau à 15°C).

Il faut également savoir qu'au ras de l'eau l'horizon est très proche : le bateau peut sembler disparaître assez vite le temps qu'il manœuvre pour revenir vous chercher... Si on naviguait en solo, alors il faut avoir prévu un moyen d'appeler des secours : une petite balise PLB (style Mc Murdo FastFind) peut vous sauver la vie et ne coûte vraiment pas cher !

MAJ – mai 2015 : La technologie évolue, le système de sécurité en mer également : à l'heure actuelle, sur un day-boat comme le Sun Fast 20, il semble plus intéressant (et plus efficace) de remplacer l'ensemble VHF et balise PLB par une VHF ASN portable et étanche avec GPS intégré. Le coût (environ 300€) correspond à celui du changement de piles sur une balise, on dispose d'un bouton pour émettre des appel de détresse, avec envoi de la position, on peut entrer en contact avec les bateaux environnants... En bref : une sécurité nettement améliorée (et cela évite de déclencher une balise et toute la chaîne de secours, ce qui peut sembler un peu disproportionné en navigation côtière). Il suffit de penser à demander un numéro MMSI auprès de l'agence nationale des fréquences.

Avoir un mouillage sérieux est essentiel également (une ancre de qualité de 10 kg est un minimum, avec de la chaîne et une bonne longueur de cablot) : on doit pouvoir mouiller avant que le bateau ne s'approche trop de la côte si on n'est plus manoeuvrant (et ne surtout pas espérer échouer sans mal si le temps est mauvais : le bateau sera roulé, rempli puis défoncé par les vagues qui surgissent quand le fond remonte)... quant à nager pour regagner le bord au milieu des bouts divers, des vagues et avec des vêtements mouillés...

Prévenir quelqu'un à terre lorsque l'on va naviguer, en précisant nos projets... Cette personne doit bien vous connaître (savoir comment vous vous comportez quand le vent monte, où vous avez l'habitude d'aller pointer votre étrave, etc) et pouvoir vous joindre... surtout avant d'alerter des moyens importants de secours ! Pourquoi ne pas prévenir la capitainerie du port que vous sortez et pensez rentrer avant la nuit ou dans deux jours ?

L'abordage est un risque plus réel que la tempête : il faut absolument veiller sur le pont lorsque l'on navigue à proximité des côtes... et savoir qu'être prioritaire ne donne aucun droit : seulement celui de suivre sa route si l'autre ne manœuvre pas à temps.

La terre la plus proche n'est pas la côte en vue, mais le fond sous le bateau : même si avec un dériveur intégral ne se pose pas autant le problème de l'échouement, si les fonds sont faibles la mer est plus mauvaise qu'en eau profonde : brisants, ressac... Pour indication : par vent de force 6, il ne faut jamais naviguer avec moins de 4m de fond, la zone à risque commence dès 6 m et on est tranquille à partir de 30m de fond... on peut retenir :

Par force 6 pas moins de 6 m de fond !

Ensuite, il ne reste qu'à se préparer au pire... en espérant le meilleur ! Et suivre ce petit dicton : « si les mouettes volent à reculons, reste à la maison ! »


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