Les polaires de vitesse :

    Etablir des polaires ne peut se faire qu'avec beaucoup de temps. En effet, les relevés ne sont pas faciles à faire.

  • Il faut d'abord établir la vitesse du vent et sa direction (je me place donc bout au vent pour relever celle-ci, j'attends que le bateau n'avance plus : l'eau ne défile pas le long de la coque, je teste en mouillant un petit bout de papier, je vérifie que le GPS indique 0 - absence de courant - et je mesure alors la vitesse du vent debout bras tendu devant l'étai, solent affalé, avec mon anémomètre à main – normalement la mesure du vent devrait se faire à 10 mètres, c'est à dire avec un anémomètre en tête de mât. La direction est prise avec mon compas de relèvement (magnétique) car mon GPS n'en dispose pas : il faut avancer pour avoir le cap.

  • Ensuite, en route, j'essaie d'optimiser la vitesse du bateau en réglant les voiles et l'assiette du bateau, je mesure alors le cap (compas de relèvement) et la vitesse au GPS. Je fais plusieurs mesures pour obtenir une vitesse moyenne, en éliminant les « pointes » probablement causées par des risées ou des adonnantes. Il faut alors stopper le bateau et vérifier la direction du vent et sa vitesse... et on n'est pas certain pour autant que c'était stable pendant les mesures.

Tout cela explique que les polaires soient entachées d'erreurs et difficiles à relever sans centrale sophistiquée ! Au moins on a une petite idée...

Certains m'ont écrit en me disant qu'elles étaient pessimistes, et qu'ils allaient souvent plus vite... cela m'arrive aussi ! Mais je ne place pas ces mesures sur les polaires, car rien ne m'indique que ce jour-là le vent correspondait bien à ce que j'ai mesuré sur la polaire, ni que l'angle était le bon ou qu'il n'y avait pas de courant. Quand à l'état de la mer...

Il faut garder à l'esprit qu'on ne navigue pas au dessus de 6 noeuds (environ) sur un Sun Fast 20 sans déjauger, sauf en surf sur une vague ou avec du courant ! En effet , la vitesse limite d'une coque se déplaçant dans l'eau est donnée par la formule empirique suivante :

Vlimite = 2,4 ( Lflottaison)1/2 (Le coefficient de 2,4 est approché et varie avec la forme de carène...)

Avec une longueur à la flottaison de 5,75 mètres, on obtient une vitesse de ... 5,75 noeuds (particularité des voiliers de longueur à la flottaison égale à 5,75 soit 2,42...

En pratique, les lignes d'eau s'allongent un peu à la gite, mais les vitesses de plus de 6 noeuds au GPS sont à considérer avec un oeil critique si on ne plane pas (courant ? vague ? erreur du GPS ?). Quand à la moyenne pendant plusieurs heures de navigation, espérer 5 noeud est parfois bien optimiste...

ACCES AUX POLAIRES

En raison des précautions données ci-dessus, la question que l'on peut se poser est la suivante : «  A quoi servent-elles ? »

La 1ère utilisation est au près et au portant : elles permettent de déterminer le VMG (velocity made good) c'est à dire la progression dans l'axe du vent. Il suffit pour cela de tracer les tangentes horizontales à la courbe : celle du haut donne le VMG au près, l'autre le VMG au portant. On obtient alors les angles optimaux par lecture des courbes.

La 2ième utilisation est de trouver l'angle optimum pour savoir quand il faut envoyer le spi ou pas : il suffit de trouver l'intersection des courbes.

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