Préparer le bateau :

Pas de vitesse optimale sans une préparation importante, surtout par petit temps : le Sun Fast 20 est surtout performant par mer plate et vent jusqu'à 12 noeuds (au près), ensuite on doit diminuer la puissance, sauf si on a du monde au rappel... Ce sont dans ces conditions de vent faible que l'état de la carène est prépondérant.

La carène :

Préparer la coque :

Il faut commencer par poncer toutes les oeuvres vives pour enlever toute trace d'ancien antifouling. Ensuite, si on est perfectionniste : passer une couche fine de peinture sombre à la bombe, puis poncer à la cale (grain 150). Les zones en creux de la carène restent sombres : on les enduit (apprêt époxy type watertite), on ponce à nouveau. On peut éventuellement recommencer toute l'opération jusqu'à obtenir une carène parfaitement lisse. On ponce au grain 800. On passe un antifouling érodable de qualité. On ponce au grain 1000 à l'eau.

Si on ne met à l'eau que pour naviguer pendant quelques jours (une semaine environ en eau chaude), on peut se passer d'antifouling.

Il faut éviter de faire un traitement époxy si la coque n'est pas parfaitement sèche (plusieurs mois au sec, si possible avec du vent), et le mieux est de contrôler avant traitement... sinon on emprisonne de l'humidité.

Safran et dérive :

Les appendices doivent subir le même traitement, mais il faut également affiner le bord de fuite. Pour cela on plaque une bande de formica sur le bord de fuite opposé en dépassant de quelques cetimètres, on la cire pour faciliter le démoulage, on enduit à l'époxy, on laisse sécher et on démoule délicatement puis on arase le bord de fuite au papier de verre. Le safran étant facilement démontable, je le laisse sans antifouling : il suffit de le sortir régulièrement pour le nettoyer à l'éponge.

Lest et joint :

Le lest doit avoir une surface irréprochable (donc le bateau ne doit pas échouer...). Une fois réglé le problème de la corrosion, il faut l'enduire et le poncer comme le reste. Refaire un joint souple (Sikaflex) auparavant, de façon à améliorer la jonction lest-coque à l'enduisage. En ce qui concerne le traitement du lest contre la rouille, consulter la partie « entretien du bateau » : je n'enduis plus le lest, et ne conserve que le rustol C.I.P. suivi de l'antifouling, ce n'est pas optimal, mais c'est plus simple !

Puit de dérive :

Le mieux est de poser des lèvres (néoprène ou kevlar), le mieux serait de le faire avant d'enduire le lest pour ajuster les bords...

Le jeu de voiles :

Le jeu livré en série avec le bateau est vraiment de basse qualité : tissu fin, peu serré, qui se déforme très vite... et pourtant de marque Elvström sur le mien. J'ai changé mon jeu de voiles, et il y a vraiment une grande différence !

On améliorera très peu les performances avec un jeu Hi-tech : coupe triradiale et voiles en composite (mylar, kevlar....). La raison en est simple : la surface de voile est faible. La coupe orientée permet de diminuer le grammage dans les zones peu sollicitées : sur une petite surface le gain est imperceptible. Le composite permet d'avoir un tissu plus rigide, se déformant moins, mais il vieillit très vite : à moins de le changer tous les deux ans, un dacron enduit (HTP) sera presque aussi rigide, et durera plus longtemps... mais le soin devra être plus important qu'avec un dacron « de base » (non enduit).

L'accastillage :

Les cordages : Il convient de marquer les cordages avec une surliure pour les réglages moyens (par exemple : écoute de solent au près serré, écoute de GV...). Il vaut mieux choisir des drisses de qualité (au minimum du polyester pré-étiré en 8 mm) afin de limiter l'allongement quand on étarque dans la brise. Il n'y aura pas un gain de poids important avec des drisses techniques (vectran...), même en dégainant le cordage.

Concernant les poulies : le premier point sera de changer les réas en tête de drisse (ceux en plastique s'ovalisent). On peut ensuite remplacer les poulies d'écoute de spi par des poulies winches.

Bien passer le rail de solent au lubrifiant à sec (sailkote par exemple).

Les « plus » :

La chasse au poids :

En allégeant le bateau, on améliore les performances de deux façons : on diminue l'inertie, ce qui facilite la relance, on diminue la surface mouillée : les performances sont meilleures, surtout par petit temps. On doit enlever tout ce qui est inutile : équipets supplémentaires, moteur hors bord (ou en choisir un plus léger si on ne peut s'en passer), glacière, table, réchaud...

Le centrage des poids :

Là encore, on diminue le moment d'inertie : le comportement change donc dans les vagues : le bateau « tape » moins. Il faut pour cela placer les charges lourdes au pied de l'épontille ou pas trop loin : ancre, chaîne, hors-bord... A l'inverse, on peut décider de matosser, c'est à dire déplacer tout cela sur la banquette au vent pour améliorer le rappel.

Il faut évidemment rester cohérent avec l'usage que l'on a du bateau : ne pas pratiquer la régate avec un équipement de croisière, ou l'inverse. Par exemple : avoir des équipets supplémentaires, une table et des voiles de régate, ou des bouts en vectran et un réchaud !

Au final, ne pas oublier que la qualité des manoeuvres et la connaissance des bases techniques, tactiques et météo sont plus importantes !

Quand j'étais jeune, dans la rade de Boulogne sur Mer, les meilleurs (en sport étude) étaient toujours devant quelque soit le bateau qu'ils utilisaient dans la flotte du YCB... l'un d'eux, Nicolas Hénard, est devenu double médaillé olympique et vice-champion du monde en Tornado... avec son éternel sourire !

◄◄