Quelques pistes :

J'ai acheté mon Sun Fast 20 en juin 2000.

Le Sun2000 n'était disponible qu'en neuf, donc à un budget très différent. A noter qu'en partant du même concept de dériveur intégral, ce dernier différe sensiblement du Sun Fast 20 : il est plus large, la cabine est plus spacieuse, la qualité de construction semble aussi meilleure (cependant mon Sun Fast 20 date de 1994 et n'a pas pris une ride). Il est par conséquent bien plus lourd (450 kg), ce qui modifie le comportement à la mer (le sun 2000 est plus raide et moins sensible à la charge) mais nécessite des moyens un peu plus lourds pour la route (permis EB, berlines plus puissantes...on reste encore pourtant dans les tailles raisonnables). Il présente beaucoup de caractéristiques communes, avec des avantages (coffres dans le cockpit, intérieur plus vaste, baille à mouillage, davier, table dans le cockpit et la cabine...) et quelques inconvénients (accastillage moins fourni en standard : pas de jumelles de mât, bout-dehors rétractable mais non commandé du cockpit, génois sur enrouleur, mais point de tire non réglable,pas de sangles de rappel, safran non pivotant, ce qui est dommage pour un voilier rase-cailloux...). Mais il est aussi très proche du programme que je m'étais fixé.

Le Blue Djinn est encore plus proche du Sun Fast 20, il est cependant un peu plus lourd (150 kg) et donc limite pour tracter sans permis EB : il faut une remorque de PTAC de 1450 kg environ, donc un véhicule ayant PV>1450 kg et PTAC< 2050 kg avec PTRA de 3500 kg. Il n'y en a pas beaucoup (pour information, consulter la page consacrée aux remorques, vous y trouverez un lien vers les charges tractables par les véhicules usuels). De plus, il ne possède pas de jumelles facilitant le mâtage, le cockpit est un peu plus petit, la dérive et le safran ne sont pas profilés, l'accastillage est moins complet, et le spi asymétrique n'était pas prévu en standard à l'époque... la cabine, moins spartiate possède une table. Son association est sympathique : on peut naviguer en flotte sur le bassin d'Arcachon, ce qui est peut-être rassurant pour des débutants.

Il y a bien sûr, le First. Sans doute le voilier qui a relancé la catégorie des 6 mètres. Il est incontournable quand on envisage un achat. Il a pourtant quelques défauts à mon goût : son système de quille rétractable qui ne permet pas une mise à l'eau simple (j'avais espéré qu'en passant à la version 21.7 Beneteau adopterait enfin une quille sabre comme sur le 27.7... mais on reste aux 60 tours de manivelle, à l'entretien du système et 70 cm de tirant d'eau), le système de mâtage est moins pratique (mais il semble que Beneteau commercialise désormais un système de jumelles en option). L'accès au hors-bord n'est pas aussi aisé que sur le Sun Fast 20, il n'y a pas de jupe de bain, on n'échoue pas sans béquille (moins génant pour les méditerranéens, mais on n'a pas accès aux petits fonds non plus, ce qui imposera parfois une annexe, qui prend de la place et qu'il faut gonfler). La barre est moins sensible et le cockpit plus petit. Pour le reste, l'habitabilité est bien meilleure, la sécurité aussi... Le voilier est donc moins ludique et plus tourné vers la croisière. Nettement moins pratique en sortie à la journée, il est plus fait pour être utilisé « comme un grand »... avec un budget plus conséquent.

NEW : un petit comparatif First/Sun Fast ici.

Son principal concurrent est l'Etap21i, dont je n'ai pas beaucoup parlé. La qualité de construction est une référence, l'équipement standard est plus complet et sa conception nettement plus aboutie (jumelles, système de mise à l'eau avec une remorque à rallonge - mais 4x4 pour sortir le tout sur une rampe, ou alors roues dans l'eau - pas de système de dérive à entretenir, cuisine standard mieux équipée...) qui vont malheureusement avec un prix nettement supérieur (et une disponibilité rare en occasion). Ces deux voiliers sont très proches. L'Etap 21i est moins enthousiasmant pour les régatiers, mais plus pratique au quotidien.

Pour le régatier, le J22 est certainement le monotype le plus répandu... hors de France ! C'est un bateau extrémement fin à barrer, beau et rapide, facile à tracter. Mais la sécurité n'est pas optimale avec des enfants car il n'y a pas de filières. Il ne faut pas trop envisager non plus de croisière avec... Le J80 est plus moderne, mais ce n'est pas du tout la même taille ! En fait, mon idéal serait un mélange des deux (spi asymètrique sur bout-dehors, grand cockpit... petite taille et poids léger) : on se rapproche de .... eh oui : Menthe à l'Eau !

Les temps changent : le J70 vient de sortir en cette année 2013, et je me laisserais bien tenter, si ce n'était le prix assez dissuasif... pour l'instant ! Dommage, car le mât carbone et le lest profond permettent des performances redoutables alliées à un matage facilité. Je me console en me disant que c'est bien moins habitable, et qu'avec un cockpit aussi long le solo ne doit pas être aussi pratique...

Le Sprinto, et maintenant les luges comme les Open 5.70 et 5.00 n'ont pas de réelle cabine, plutôt un abri pour le matériel, je l'ai donc rapidement exclus de ma liste, ce qui n'a rien à voir avec ses qualités... D'autant plus qu'au début j'envisageais l'achat d'un dériveur de sport. Mais avec le recul, je me demande si je ne préférerais pas un dériveur : les joies du planning sont certes « sanctionnées » par les dessalages, mais c'est nettement moins contraignant qu'un voilier de cette taille (qui impose des manutentions identiques à celles du Sun Fast 20 à chaque sortie si on évite la place de port et qui est nettement moins polyvalent ! Si on prend une place de port, le budget est identique...). A réserver aux mordus de la vitesse...

Le Sun Fast 20 me semble présenter un grand nombre d'avantages : il est à la fois le plus pratique à gérer à terre en raison de son faible poids (on déplace facilement le bateau sur remorque à la main tout seul, il n'y a pas de bois à entretenir...), il est parmi les plus faciles à remorquer, à mâter, à mettre à l'eau... et il est le moins cher ! Son gréement souple est technique et passionnant à régler, le solent demande lui aussi beaucoup de soin pour que le voilier donne le meilleur de lui même, ce qui donne envie de progresser, ses appendices sont profilés et le faible poids limite la surface mouillée ce qui optimise les performances dans le petit temps. Le spi asymétrique sur bout-dehors (que l'on commande du cockpit) le rend encore plus attrayant et étonnament moderne pour un voilier conçu il y a 15 ans. Ce bateau me semble une vraie réussite. La sécurité est tout à fait satisfaisante. Evidemment tout cela est à considérer en prenant en compte l'usage que j'en fais, mais je ne peux que me féliciter de ce choix ! Un de mes seuls regrets c'est de ne pas avoir eu la possibilité de choix de la quille sabre (pour éviter le puit de dérive et améliorer les performances... mais d'un point de vue pratique, la dérive pivotante est bien meilleure : on est à l'abri en cas de talonnage, et cela évite de couper le cockpit ou l'intérieur à l'échouage). On ne peut vraiment pas tout avoir !

Depuis, le marché s'est élargi, et il y a donc tous ceux que je n'ai pas évoqués, par manque de place, par méconnaissance, ou pour d'autres raisons encore, comme la faible diffusion, le fait de n'avoir pas pu les comparer au mien (j'ai déjà navigué en compagnie de First et de Sun 2000,) la disponibilité à l'étranger seulement...

Une petite remarque : les gel-coats de couleur sont jolis, mais l'entretien semble assez exigeant : la belle couleur verte des Sun ou le bleu des First deviennent assez vite ternes et farineux, donc si vous n'êtes pas un fanatique de la lustreuse, il vaut mieux choisir une coque blanche.

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