Les points à surveiller avant achat :

Le Sun Fast 20 a été produit à environ 500 exemplaires, de 1993 à 2000, année où il a été remplacé par le Sun 2000.

On ne trouve donc sur le marché actuel que des Sun Fast 20 d'occasion.

Comme tout achat d'occasion, il conviendra d'inspecter certains points du bateau convoité, et mon but n'est pas de les énumérer, mais d'indiquer les points spécifiques au Sun Fast 20.

  • En général, la majorité des bateaux étant vendus avec remorque, ils sont épargnés par l'osmose.

  • Un dériveur intégral cotoie plus souvent le rivage qu'un quillard, et si le lest protège efficacement la coque à l'échouage, la protection du lest a souvent souffert : il présente alors des traces de rouilles. Ce n'est pas rédhibitoire, mais assez pénible à traiter (la fonte est poreuse, et il faudra avant tout sécher le lest puis refaire un traitement... ce n'est pas agréable lorsqu'on le fait allongé sous la remorque et certaines parties ne sont pas facilement accessible : mieux vaut passer par un chantier qui effectuera un sablage....).

  • Les boulons de lest n'ont pas dû souffrir, car les contraintes sont faibles sur ce type de lest intégré.

  • Des traces de sel (ou d'humidité) dans les caissons sous le cockpit sont normales : un peu d'eau remonte par le trou qui permet de passer le bout de relevage de la dérive (il est impossible de stratifier cette partie de façon étanche lors du collage coque et pont).

  • De même, l'étanchéité au niveau des chandeliers pose des problèmes (il s'agit plus souvent d'un problème de finition) : il convient de les vérifier attentivement (surtout ceux qui soutiennent les sangles) d'autant plus que le resserrage de certains n'est pas aisé en raison du contre-moule dans la cabine

  • L'étanchéité des Sun Fast 20 est vraiment perfectible : les hublots laissent parfois passer un peu d'eau avec l'âge... à vérifier ! Ce n'est pas non plus très inquiétant, mais cela peut faire l'objet de négociations pour le prix.

  • Vérifier l'état de la dérive et du safran et s'attarder sur un éventuel jeu ( assez normal sur la dérive : 4 à 5 cm de battement en position haute). Vérifier les fémelots de safran (pas de jeu !).

  • Vérifier l'état du pied de mât : les mauvaises manipulations lors des séances de mâtage ont pu l'endommager (exiger la trace d'une réparation professionnelle...ou du moins sérieuse).

  • L'état des remorques me laisse songeur : est-il intéressant d'acheter un bateau avec remorque ou une remorque neuve ? Dans le premier cas il faudra s'assurer qu'elle n'est jamais allé à l'eau, dans l'autre cas le bateau a séjourné à l'eau depuis son achat et il est certainement en moins bon état....

  • Un moteur de 4 CV arbre long suffit amplement (mais sur un 5 CV on dispose parfois d'un alternateur : intéressant si on envisage l'option électricté).

  • Un point important pour la sécurité : ne pas hésiter à changer les sangles de rappel, même si l'état apparent semble bon. En effet, si elles sont restées à l'extérieur à l'année, les UV ont certainement atteint les coutures, qui vont lâcher brutalement et sans prévenir. Si on est au rappel, on risque fort de se retrouver à l'eau (en solo ?). L'ensemble ne coûte presque rien, à condition de conserver l'accastillage. Il faut impérativement le faire faire par un maître voilier en précisant l'usage (sangle épaisse, coutures « béton »).

En général, le bateau s'est adressé à des utilisateurs ayant déjà pratiqué la voile en raison de son comportement plus sportif que d'autres voiliers plus lestés : la majorité de ceux que l'on trouve a été entretenue avec soin et a passé de nombreux mois au sec. Eviter les bateaux ayant passé de nombreuses années à tirer sur leur corps mort et échouer à chaque marée... Préférer ceux n'ayant été mis à l'eau qu'au moment de naviguer et sur remorque le reste du temps.

Cela reste dans tous les cas un voilier très agréable et ne nécessitant que peu de frais après achat : quelques produits et un peu d'huile de coude devraient suffire à lui rendre un éclat proche du neuf.


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