Le lest :

J'ai acheté « Menthe à l'Eau » chez un concessionnaire Jeanneau de la région d'Arcachon. Il était en état correct... sauf le lest, et on avait bien fait un bel antifouling au pistolet pour me masquer la rouille ! Ce n'était pas un gros problème, dans la mesure où j'avais bien inspecté le joint et l'état des boulons, mais c'est un travail peu agréable à faire lorsqu'on n'a pas accés à une sableuse, et encore moins lorsqu'on ne dispose pas de moyen de levage et que le bateau repose sur la remorque.

J'ai donc fait un disquage complet un an après l’achat pour remettre la fonte à nu, avec ensuite un transformateur de rouille, puis une couche de Primocon (primaire), suivi d’un enduisage époxy épais au watertite, ponçage à la main, suivi de 4 couches de primocon puis une couche d’antifouling… Beaucoup de temps passé couché sous la remorque donc, à travailler à bout de bras ! Malgré tout ce travail, l’état à la saison suivante était assez satisfaisant sur 80% de la surface, mais des petites taches de rouille ont réapparu quelques jours après la sortie d’eau (après 8 semaines dans l’eau) surtout parce que je n’avais peut-être pas assez rincé à l’eau douce avant de traiter, mais aussi parce qu’il est impossible de ne pas frotter un peu sur les rouleaux de la remorque (j’avance ou je recule le bateau pour l’antifouling, par ex), que l’angle du puit de dérive n’est pas facile à traiter etc… Depuis, je me suis dit que cela faisait beaucoup de travail, si je voulais tout reprendre ( le disquage, à bout de bras, couché est épuisant, le reste est plus facile). Les deux années suivantes, je me suis contenté de refaire quelques retouches ponctuelles (grattage, antirouille, watertite, antifouling) et l’ensemble fut assez satisfaisant, mais l'époxy se décollait à nouveau en cloquant ! Rien de définitif donc, mais tant que le joint tient et que les boulons de quille ne s’oxydent pas, il n’y a pas de danger de perdre le lest…donc tout n'allait pas si mal ! Surtout qu’il y a peu de contraintes sur les boulons par rapport à un quillard.

En ce qui concerne le grattage et le traitement des points de rouille, il faut malheureusement s’attendre à peu de résultats : la rouille ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur du lest : la fonte est poreuse, absorbe de l’eau ; quand le bateau est sorti de l’eau, le lest sèche, mais le sel reste dans les pores et absorbe l’humidité… et la fonte rouille : il faut donc soigneusement rincer le lest à la sortie de l’eau, à l’eau douce, et assez régulièrement pour éliminer le sel et espérer que cela sèche un peu mieux. Mais cela limite le phénomène, sans grand miracle….

J'ai donc décidé de changer de méthode, et j'ai redécollé tout l'époxy qui restait (et qui lui, tenait bien !), et depuis j'ai traité avec du Rustol C.I.P. (produit par la marque Julien)

Le traitement est beaucoup plus simple : il suffit de passer quelques couches épaisses au pinceau, la légère rouille qui subsiste avant traitement ne nuit absolument pas à l'efficacité du produit et on peut ensuite passer l'antifouling directement. J'en ai profité pour passer au blanc, ce qui laisse mieux apparaître les défauts ou le retour éventuel de la rouille. Ce traitement fonctionne relativement bien, un peu de rouille revient pendant que le bateau hiverne sur la remorque, mais il est si rapide de repasser une couche que dans l'ensemble je suis très satisfait !

Et je crois que dans quelques temps, si l’état du lest s’en fait sentir, je ferais faire un traitement complet par un chantier naval !


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